On nous apprend depuis tout petits à opposer l'Homme à la nature (alors qu'il en fait partie et en dépend), l'environnement à la civilisation (alors que la seconde s'effondre si elle abuse du premier), l'écologie à l'économie (alors qu'"éco" signifie "habitat", "écologie" : "connaissance de l'habitat", et "économie" : "bonne gestion de l'habitat" - or qui peut bien gérer son habitat sans le connaître ?). Se priver de la connaissance de nos habitats par peur d'entrer dans un débat politique est absurde : ces oppositions sont de simples préjugés, car dans le réel, chaque territoire et la planète entière ne font qu'un.

Si nous agissons, c’est parce que la nature est certes une « mère » pour ses « enfants », mais une « mère » qui ne fait pas de sentiment. Qui en connaît les lois et sait les tourner à son avantage en sera récompensé, qui les ignore en sera sanctionné, et sans pitié.

Qu’on l’idéalise ou qu’on l’utilise, qu’on l’épargne ou qu’on la pille, qu’on la connaisse ou qu’on l’ignore, qu’on sache l’apprivoiser ou qu’on la craigne, qu’on la respecte ou qu’on la macule de déchets, la nature (et la mer qui en fait partie) s’impose à tous sans distinction, humbles et puissants, écologistes et nationalistes, libéraux et sociaux, hommes et femmes, adultes d’aujourd’hui et générations futures.

La nature commence dans notre intimité : c’est notre propre organisme qui a besoin d’air, d’eau, de nutriments sains.

La nature est notre banque de ressources. Nous vivons tous à crédit aujourd’hui, et depuis deux siècles déjà. L’ardoise s’alourdit. Plus dure risque d’être l’échéance. De sourdes menaces naturelles planent déjà sur nos querelles.

La nature reste pourtant très riche et très belle. Un véritable patrimoine. Nos racines. Peut-être notre salut, si nous savons nous y prendre pour une gestion responsable. Il n’y a pas d’économie durable sans gestion responsable : tout entrepreneur, tout producteur, tout chef de famille le sait.

Les scientifiques, les techniciens et les médiateurs scientifiques sont les experts nécessaires. Ils sont à l’environnement, aux territoires, ce que les médecins sont à nos organismes. Il y a des généralistes (naturalistes, géographes, historiens) et des spécialistes (géologues, biologistes, océanographes, ingénieurs, chercheurs, professionnels).

La médecine est désarmée sans hygiène, et l’hygiène s’apprend dès la maternelle. Nous aussi, nous pouvons travailler avec tous les publics, depuis les crèches (approche sensorielle et émotionnelle) jusqu’aux professionnels des différentes branches (formations ciblées en durabilité des pratiques et en compensation environnementale) en passant par les scolaires des différents niveaux, avec, à chaque échelon, des outils et des approches adaptés.

Toutefois les spécialistes ne suffisent pas : il faut aussi des généralistes ayant une vue d'ensemble des enjeux. D'où notre approche géonomique, indispensable pour relier les disciplines, comprendre la géodiversité, la biodiversité, et faire évoluer la diversité humaine (culturelle, institutionnelle, économique, sociale, citoyenne) : il ne s'agit pas des concepts abstraits mais de réalités de terrain, qui n'existent pas les unes hors des autres.

 

Vous trouverez ci-dessous des argumentaires, des schémas et des récits d'expériences dont vous pouvez vous servir librement dans vos propres recherches de partenariats et de financements.

Les 4 (oui, quatre, merci Dominique Raulin ) piliers du Développement durable :

piliers

Pédagogie :

Son succès repose sur ces bases :

* des activités de terrain où découvrir et protéger ont parts égales ;
* une rigueur scientifique faisant appel à une démarche d’investigation interactive et à des personnes ressources de confiance (scientifiques, conservateurs, biologistes…) ;
* une approche globale, interactive, ludique et humoristique faisant appel à des animateurs généralistes capables d’embrasser les relations entre nature, géographie, histoire, patrimoine, usages, légendes, cultures, sciences et arts ;
* des outils pédagogiques à la portée de tous (nos propres mallettes thématiques, expos, mallettes, jeux, kits d’observation, diaporamas, livres ou documentaires) ...

Tout ceci permet de faciliter l'appropriation par le public (scolaire ou non) d'une démarche d'investigation scientifique (le travail de tout chercheur de réalités) et de responsabilité citoyenne (ouverte à tout citoyen, en démocratie).

La découverte est suivie par l'observation, la description, d'éventuelles mesures et confrontations avec des personnes-ressources, l'enrichissement du vocabulaire, la formulation d'hypothèses et leur vérification, la production d'un récit ou reportage, la réflexion collective sur d'éventuelles attitudes ou décisions à prendre, et la mise en place d'éventuelles actions : c'est notre principal "domaine d'expertise". La démarche d'investigation scientifique et culturelle, c¹est tout faire pour recueillir le maximum d¹infos sur ce que l¹on découvre, compare, mesure, analyse, décrit. C'est de penser et de vérifier des hypothèses, en restant ouverts à toutes les nouveautés que nous apportent l'observation de la réalité et la confrontation avec différentes sources et différents points de vue.

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Évaluations

La gestion de plus en plus comptable des activités de médiation scientifique et d'éducation au développement durable multiplie les petites cases qui n'ont pas été initialement conçues pour ce type d'activités et dans lesquelles il est parfois difficile de faire entrer la réalité. Il existe néanmoins deux grands type d'évaluation : quantitative et qualitative.

---> L'évaluation quantitative :

C'est la plus facile car il suffit de compter les lieux d'activité, les temps passés et les personnes ou institutions touchées par médiateur.

---> L'évaluation qualitative :

Elle peut s'appuyer sur des fiches de satisfaction et/ou d'adéquation à remplir par les bénéficiaires, sur la concordance entre le prévu et le réalisé, entre les objectifs et les résultats, mais il y a cinq autres critères :

* le nombre de fois où les bénéficiaires ne veulent pas partir à l'issue de la séquence (par exemple des lycéens lorsque sonne la récréation),

* le nombre de redemandes ou de nouvelles demandes d'une activité (par le même bénéficiaire ou par d'autres qui en ont entendu parler),

* le nombre de personnes qui s'en souviennent longtemps après (par exemple des jeunes, devenus adultes, que nous revoyons ultérieurement),

* le nombre de bénéficiaires ou de partenaires (ou d'autres) qui adoptent nos méthodes et outils pédagogiques,

* et plus que tout, le nombre de bénéficiaires ou de partenaires devenus autonomes, qui reprennent une activité à leur compte voire même la développent et la diffusent à leur tour.

Argumentaires

Ni le grand public, ni ses représentants ne sont spontanément au courant de ce qu'est la médiation scientifique et d'éducation au développement durable, et n'en comprennent l'utilité pour notre survie à tous.

C'est pour cela que, cinquante ans après le livre "Avant que Nature meure" du professeur Jean Dorst, nos sociétés se laissent toujours surprendre par les catastrophes dites "naturelles" mais qui sont, en réalité, dues à l'imprudence, impréparation, inconscience, incompétence collective des leaders de nos sociétés et leur incapacité à donner à la science l'importance et les moyens qui permettraient de s'y préparer. C'est que la recherche, la prévention et le principe de précaution, ça va à l'encontre du marché : ça réduit les marges, les bénéfices, les dividendes...

Pour convaincre les décideurs, notamment ceux qui sont comptables de l'argent public, de notre utilité, nous avons du développer des argumentaires en réponse à leurs doutes, leurs attaques, leurs refus. Comme vous vous y confronterez aussi, les voici : n'hésitez pas à les utiliser.

Pour ceux qui s'intéressent d'abord au développement économique quantitatif et au rendement immédiat, vous pouvez, grâce au décompte de vos publics, évaluer la « plus-value » de vos manifestations, activités et festivités (auxquelles vous pouvez faire participer des entreprises) pour les communes, les ports et les commerces vers lesquels vous drainez les chalands, ainsi que l'activité induite par vos initiatives (reprographie, création de kakémonos, maquettes, aquaculture...).

Pour ceux qui ne comprennent pas l'utilité ou le sens de vos démarches, vous pouvez faire découvrir la notion de « service rendu par la médiation EEDD aux enjeux de la transition » : tout ce que l'on continue d'ignorer, toutes les mauvaises pratiques que l'on ne fait pas évoluer, tout ce que l'on n'anticipe pas, coûte et coûtera bien plus cher que toutes les aides financières accordées à la médiation ; de plus, la médiation EEDD prépare les publics à la transition technologique et diminue le nombre des recours contre les projets innovants agricoles, aquacoles ou énergétiques, or le moindre recours coûte aux investisseurs bien plus cher que toutes les aides financières accordées à la médiation.

Enfin pour ceux qui aimeraient effacer vos associations de médiation du paysage et qui, pour s'en justifier, vous traitent de « luxe inutile », de « colleurs de coquillages sur des cartons » ou pire, de « zéros », rappelez-leur la logique scientifique : s'ils ont raison, cela implique que les partenaires et bénéficiaires qui vous soutiennent et sont satisfaits de vos services, sont tous des idiots… experts scientifiques, évaluateurs académiques, décideurs politiques et grand public inclus !

---> Les 4 étapes de la démarche de médiation culturelle et scientifique :

Il est arrivé que l'on nous dise : "il ne sert à rien d'agir vis-à-vis des tout-petits ou des écoles primaires, coller des coquillages sur du papier ne laisse aucune trace dans leurs esprits".

Cet abyssal mépris de nos descendants et de notre travail, n'a d'égale qu'une abyssale ignorance de ce qu'est l'éducation à la transition qui commence, avec ses quatre "étapes" correspondant à quatre phases du développement de l'être humain :

* l'émerveillement pour les tout-petits, par l'approche sensorielle et la familiarisation, antidote des phobies irrationnelles que, sans cela, ils risquent de "traîner" en tant qu'adultes (et qui leur feront prendre des décisions irrationnelles en matière de gestion de leurs vies, de leurs foyers, de leur consommation, de leur territoire)... sans émerveillement, aucune sensibilisation n'est possible !

* la sensibilisation, la découverte pour les enfants d'âge primaire, par l'approche ludique et analytique, apprentissage de l'observation, de la description, du tri, de l'identification, du choix, du travail en groupe qui, plus tard, leur permettront de maîtriser leur environnement naturel, artificiel, social et économique... sans sensibilisation, aucune motivation n'est possible !

* la motivation, l'investigation raisonnée pour les enfants ayant l'âge du collège, par l'approche logique, rationnelle et expérimentale, qui les rend maîtres de leurs actions et de l'usage de leurs découvertes et capacités... sans motivation, aucun engagement n'est possible !

* l'engagement citoyen pour les lycéens, les étudiants, les apprentis, les adultes, par l'approche participative et responsable, qui leur permet d'agir directement sur leurs vies, de vivre des expériences existentielles et sociales qui leur apportent des capacités, des compétences nouvelles. Et sans engagement citoyen, aucune évolution, aucune adaptation aux défis du présent et du futur ne sont possibles. Il ne reste alors qu'à subir des changements que l'on ne maîtrise pas.

---> Une approche globale :

Contrairement à ce qu'un raisonnement de mandarin pourrait faire penser, nous n'avons pas à rougir d'aborder tous les publics, de la crèche (Marie-France Pelletier a longtemps été assistante maternelle agréée) jusqu'aux foyers pour anciens, ni d'être des généralistes. Imaginerait-on une médecine sans généralistes, uniquement avec des spécialistes, férus d'otorhino, d'ophtalmo ou de cardio, mais sans vision d'ensemble de notre santé ?

C'est pourtant ainsi que certains imaginent la diffusion de la culture scientifique, naturaliste, technique, agricole ou industrielle : uniquement comme une affaire de "focus", de spécialistes... physiciens, chimistes, astronomes, géologues, océanographes, botanistes, zoologues, agronomes, ingénieurs bien cloisonnés... que nous répondent-ils ? lorsque nous leur disons : "-Nous à Mer Nature, nous sommes des généralistes qui donnons une vision d'ensemble d'un territoire et de tous ses aspects de manière transdisciplinaire car tout sur ce territoire est relié, interactif..."

Ils nous répondent qu'ils "ne saisissent pas le fil directeur de nos actions et la cohérence de l'ensemble" !

Ceux qui "ne saisissent pas le fil directeur de nos actions et la cohérence de l'ensemble" sont dans la posture que vous prendriez, si vous disiez à votre médecin généraliste que vous ne comprenez pas à quoi il sert, vu qu'il y a des spécialistes ! Seriez-vous rassuré d'être soigné sans vision d'ensemble de votre santé en tant que patient et personne ?

La diffusion de la culture scientifique, naturaliste, technique, agricole ou industrielle péricliterait si elle n'était qu'uniquement une affaire de spécialistes... Il en faut bien sûr, mais avec les généralistes qui eux, ont une vision d'ensemble des territoires, comme le médecin généraliste a une vision d'ensemble de votre organisme. On peut aussi utiliser une autre parabole, celle des rouages et de l'huile. Nous, à Mer Nature, nous sommes l'huile.

À Mer Nature, la vision d'ensemble d'un territoire et de tous ses aspects, de manière transdisciplinaire, permet de réaliser que tout sur ce territoire est relié, interactif, et aussi que tout est recyclé dans, sur, au-dessus et sous ce territoire, sur notre planète et dans l'univers :

* des rythmes astronomiques aux saisons et au climat,

* des roches et des eaux aux sols en passant par l'érosion et la sédimentation,

* des sols aux micro-organismes, aux champignons, aux végétaux et à la faune,

* de la biodiversité et de la biomasse aux usages humains les concernant,

* des bassins versants à la mer en passant par le littoral,

* du passé au futur en passant par le présent, via les fossiles, les minéraux, les minerais,

* des ressources aux techniques et aux industries,

* de la nature à la culture et au patrimoine,

* des usages à la citoyenneté avec ses institutions, ses droits et ses devoirs...

Notre fil directeur, notre spécificité sont clairement indiqués : c'est préparer les publics (y compris les professionnels de l'éducation, de la formation et/ou de la gestion d'un territoire) à la transition énergétique, environnementale, économique et sociale qui commence, à une vie, sur un territoire donné, sans gaspillages et où l'innovation devra l'emporter sur la reconduction des vieux modèles hérités des "trente glorieuses", si nous voulons sauvegarder nos acquis sans tensions, crises et guerres.

Cela s'appelle l'hygiène des territoires, des équilibres naturels et des sociétés qui en vivent. Et on ne peut pas se préparer à ce défi uniquement par des "focus" sur des actions très ciblées comme la reproduction de l'oursin ou l'éradication de telle ou telle espèce invasive, en ignorant ce qui se passe à côté... La Terre, la vie, le genre humain forment un tout !

Nous abordons donc la Géonomie, science des rapports entre l'Humanité et son Environnement, et science pratique du mode de vie soutenable. Mer Nature privilégie l’observation sur le terrain dans le respect des règles scientifiques, avec photographie ou dessin des lieux et indication des coordonnées du prélèvement : c'est la démarche d'investigation et d'appropriation scientifique, c'est l'enseignement et la popularisation de la Géonomie.

---> La "planète", elle s'en fiche !

La "médiation scientifique en développement durable", ce n'est pas "pour sauver la planète", c'est pour nous sauver NOUS humains ! La planète en a vu d'autres, la biosphère s'est relevée de cinq épisodes d'extinctions massives et d'une quinzaine d'autres crises, toutes bien plus catastrophiques que celle que nous vivons. Elle peut parfaitement se passer de nous alors que nous dépendons totalement d'elle.

La "culture naturaliste", ce n'est pas seulement l'amour et la connaissance de la biosphère et de la biodiversité, dans lesquels nous vivons et dont nous dépendons. C'est aussi une clef pour comprendre le monde dans lequel nous vivons, pour en préserver les ressources et pour ne pas nous retrouver exclus par la sélection naturelle (car contrairement aux banques, aux diplomates, aux militaires, aux élus ou aux chefs d'entreprise, la nature, elle, ne négocie pas !)

La "culture naturaliste", c'est l'amour et la connaissance de la biosphère et de la biodiversité, mais au-delà de celles-ci, c'est de la culture scientifique non-séparée de la culture tout court, c'est une mutualisation participative des connaissances scientifiques et techniques, c'est de l'éducation à des modes de vie soutenables et durables, c'est la citoyenneté sur la planète. C'est une démarche globale permettant à chacune et chacun, petit ou grand, de se situer dans l'espace-temps naturel et culturel de notre réalité, entre passé, présent et futur... entre ciel et Terre... entre idées, croyances et réalités... entre métiers et loisirs... pour pouvoir choisir le plus en "connaissance de cause" possible les orientations de sa vie, plutôt que la subir...

---> Il n'y a ni "sciences dures" ni "sciences molles".

Quel mépris, dans la "pensée mandarinale", des sciences sociales, humaines ou de la vie qui, paraît-il, ne seraient pas expérimentales ni vérifiables, alors qu'en réalité leurs méthodes sont les mêmes que celles des sciences de l'univers, de la terre et des nombres, et que leurs hypothèses ne sont pas plus audacieuses que celles des astrophysiciens dont les fameuses "énergie noire" et "matière noire" sont, à ce jour, comme Dieu : invisibles, indétectables, impossibles à mesurer, expliquant tout ce que nous ne comprenons pas, omniprésentes et sous-tendant toute l'architecture de l'Univers.

On sait moins que cette fallacieuse distinction entre "sound science" et "junk science" est née dans les années 1950 parmi les communicants du grand tabatier "Marlboro" en butte aux critiques des chercheurs : les "sound studies" (études "dures", ou "exactes") seraient celles qui démontrent l'innocuité du tabac, les "junk studies" (études "molles" ou "inexactes") celles qui en démontrent la nocivité.

Cette stratégie s'est répandue comme une traînée de poudre chez tous les grands industriels. Le résultat a été que la science elle-même est contestée, surtout lorsqu'elle ose aborder les fondamentaux (lois physiques, chimiques et biologiques) et sortir des sentiers battus des applications pratiques… Lisez à ce sujet Naomi Oreskes, de l'Université d'Harvard, dans son livre "Les marchands de doute" (Pommier) : en réalité, il n'y a ni "sciences exactes", ni "sciences inexactes" car toute démarche scientifique est tressée de doutes, d'hypothèses et de vérifications : quel que soit notre champ de recherches, on est dans cette démarche scientifique ou bien on ne l'est pas

---> Science sans conscience n'est que ruine de l'âme (François Rabelais) et conscience sans science n'est qu'ignorance et superstition (Mer Nature) :

La science n'a pas pour rôle de fournir une morale. Elle ne fournit que des explications, des connaissances, une méthode et des outils. C'est à chaque citoyen de décider comment il va s'en servir… ou non. Mais au moins, grâce aux connaissances, il a le choix. En retour, les convictions, croyances et traditions peuvent fournir une morale, mais ne sauraient se substituer à la connaissance.

C'est aussi différent qu'une partition de musique et un traité de mécanique. La partition crée des émotions, un partage, mais ne saurait permettre de réparer un appareil ; le traité de mécanique permet de comprendre et de réparer l'appareil, mais ne saurait créer des émotions. Mélanger les deux domaines peut être fertile : lorsque science et art dialoguent, naît la science-fiction, la légende urbaine, la littérature moderne, l'illustration scientifique. À condition que le mélange ne se mue pas en confusion et en substitution de l'un à l'autre, en substitution de la fiction à la science ou de la connaissance à la liberté de penser.

Confusions et substitutions ne peuvent mener qu'à des déboires, des pertes de libertés et des abus. Le principe qui permet de les éviter, et qui garantit la liberté de conscience, de doute, d'apprentissage et de recherche, s'appelle la laïcité. Ce n'est ni une conviction parmi d'autres, ni un principe purement juridique, mais un fondement de la citoyenneté, des droits humains.

L'éthique ne saurait être étrangère au chercheur, de même que la liberté de conscience, de doute et de recherche ne saurait être étrangère à celui qui se préoccupe d'éthique. À travers ses activités, Mer Nature aborde en toute simplicité ces importantes passerelles entre science et citoyenneté, en permettant aux participants d'en découvrir eux-mêmes les enjeux.

---> La science comme socle justificatif des droits humains.

Basées sur la connaissance des besoins humains et sur la laïcité (qui permet de différencier les convictions basées sur la culture et les mythologies, des connaissances basées sur l’observation, l’expérimentation et la réalisation), nos principes éthiques visent à construire avec nos publics une "éco-citoyenneté". Dans cette expression, il y a "éco", du grec oikos, la maison, notre maison commune, notre territoire, notre planète... et il y a "citoyenneté" (et non pas "soumission", "servage" ou "esclavage") et c'est en profitant du privilège, difficilement obtenu, d'être citoyens, que nous surmonterons les défis de la transition.

Le programme d'activités "Gaïa", avec ses outils pédagogiques, est un contrepoint scientifiquement argumenté, par les lois de la physique, de la chimie et de la biologie (les seules qui soient inéluctables), aux innombrables formes d'ignorance, de préjugés d'origine médiévale ou antique, voire préhistorique qui gisent en nous, aux confusions tous azimuts qui nous aliènent encore malgré la profusion d'informations et de technologies, et qui nous jettent dans une fuite en avant de surconsommation, de gaspillages et de tentatives têtues de perpétuer les anciens modèles, au risque d'aborder le futur sans préparation, sans anticipation, tentés par l'intolérance et la violence.

Par l'agir ensemble, le dialogue, la découverte et la réflexion, ces activités permettent aux publics de comprendre la démarche d'investigation des chercheurs, la méthode expérimentale, les progrès de la médecine, des sciences de la terre et de la vie, des techniques, et l'adossement scientifique de la notion de "droits et devoirs", de celle de citoyen.

Ainsi, en pratiquant eux-mêmes cette démarche, ils apprennent à faire la différence entre la science et la démarche de création artistique ou culturelle qui fait aussi partie du patrimoine commun de tous, mais qui elle, n'a de compte à rendre qu'à l'imagination, pouvant produire des émotions ou une morale, mais non des connaissances vérifiables.

Historique de l'association

Mer Nature est née dans le sillage de l’enthousiasme scientifique naturaliste que les missions Cousteau ont suscité le long du Danube et en Mer Noire (1990-1992). Elle se constitua en 1992 sous la double égide de feu Philippe Tailliez et Alexandru Marinescu (voyez leurs articles sur Wikipedia), pour faciliter les échanges culturels et scientifiques autour de la Méditerranée et de la Mer Noire.

Les esprits de la Mer et de la Nature planaient déjà sur l’enfance du fondateur Ion Cepleanu : à peine avait-il appris à lire en 1960 que ses deux premières lectures furent « Le Monde du Silence » de Jacques-Yves Cousteau, Frédéric Dumas et James Dugan, et « Voyage d’un naturaliste autour du monde à bord du vaisseau The Beagle » par Charles Darwin, auxquelles s’ajoutèrent rapidement les ouvrages d’exploration de Norbert Casteret en spéléologie, de Konrad Lorenz en éthologie, de Haroun Tazieff en volcanologie, de Paul-Emile Victor en géographie polaire, et bien d’autres.

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En bonne logique et en dépit des galères familiales et économiques de la vie, ses premiers employeurs à partir de 1975 furent le Muséum national d’Histoire naturelle et l’Institut océanographique de Paris tandis que ses études se poursuivaient entre les facultés de Jussieu et l’Institut de Géographie de la Sorbonne, voisins de ses employeurs qui furent aussi parfois ses abris pour la nuit.

Après la remise en route d’un fonctionement démocratique des Musées scientifiques roumains suite à l’effondrement en 1989 du totalitarisme qui étouffait le pays depuis un demi-siècle, ce fut la "Maison Communale des Sciences et des Techniques" de La Garde qui employa Ion Cepleanu à partir de 1992, mais elle fut fermée en 1996 ; toutefois l'esprit de Mer Nature et les prestations que nous assurons actuellement, y étaient déjà en place.

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A partir de 1993 Mer Nature a contribué à plusieurs reportages des émissions télévisées ‘‘Thalassa’’ et radiophoniques ‘‘France Culture’’ en Mer Noire, tout en organisant des échanges de jeunes naturalistes entre associations, universités et clubs de France, du Maroc, de Grèce et de Roumanie, et en participant à la mise en place de la manifestation pluriannuelle ‘‘La Mer en Fête’’ autour de Jean-Valère Geronimi à bord des ferries de la SNCM. En Roumanie et en Grèce, l'essentiel des activités du réseau AtenAgorA consistèrent en expéditions d'études scientifiques (écologie, biologie, géonomie) et archéologiques sous-marines en Mer Noire et en Mer Égée, en travaux de réhabilitation et de préservation d'aires naturelles protégées, et en production d'outils pédagogiques et d'expositions.

L’association a également facilité diverses missions de solidarité d’ONG telles que Handicap International, Médecins du Monde, la fondation Maurice Genoyer ou S.E.R.A. en direction des hôpitaux et des foyers pour enfants abandonnés en Roumanie et Moldavie : l’émerveillement pour les bestioles et la nature peut être un liant social et un antidote à la douleur de grandir sans amour. Le principal partenaire durant cette période a été la Fondation Internationale pour l'Enfant et la Famille (FICF) sise à Bucarest et fondée par le Dr. Sanda Zugrävescu, qui a contribué à sauver Ion Cepleanu lorsqu'il était enfant et était devenue une amie.

A partir de 2000 Mer Nature s’est de plus en plus tournée vers l’investigation et la diffusion de la culture scientifique et culturelle à Toulon, dans le Var, en Région P.A.C.A., en Grèce et en Roumanie. Jusqu'en 2019 l’essentiel de sa mission en France consista à être (à travers des outils scientifiquement et pédagogiquement validés, mais aussi d’expertises ponctuelles, de formations, de projets) un pôle-ressources pour les éducateurs, les enseignants, les animateurs, les personnels et les particuliers en contact avec notre environnement au sens large (humain inclus), pour le rappel des fondamentaux de la citoyenneté, c’est à dire de nos libertés et solidarités, et pour les décideurs en recherche d’informations scientifiques aussi objectives que possible.

Mer Nature travailla en groupement et en réseau chaque fois que ce fut possible, préférant les symbioses à la compétition, car l'union fait la force et qu'on a tout à gagner à s'épauler mutuellement. Les structures qui se sont positionnées en concurrentes ont pu constater à leurs dépens qu'à vouloir à tout prix emporter seuls un appel d'offre, elles y perdaient à devoir assurer seules tout le travail.

Pendant plus de dix ans, le Géobus offert par la Caisse d'Épargne Côte d'Azur à Mer Nature pour le projet "Le Muséum itinérant", a mis à la portée de tous les hameaux et de tous les quartiers, les malettes thématiques, jeux, expos, affiches, documents, brochures, collections d'histoire naturelle...

Depuis 2020, Mer Nature n'a plus de salariés et ne prend plus de stagiaires, mais ponctuellement fera encore travailler des personnes-ressources à temps partiel sur vacations, ou bien sur facture s'il s'agit d'auto-entrepreneurs(es). L'association assure toujours les programmes en cours pour le Département du Var (médiation scientifique et culturelle du Muséum départemental), la métropole TPM et la Ville de Toulon (écoles élémentaires) et participe aux projets du Géoparc des Maures.

Les expositions, les publications, les outils pédagogiques de Mer Nature restent des ressources accessibles. Une partie est à donner, nos partenaires ont déjà pris des options. Le "Géobus" est déjà parti vers de nouvelles aventures, en milieu horticole rural cette fois. Ces réalisations sont le fruit de collaborations durant près de vingt ans avec nos partenaires français ou étrangers... Elles ont toutes un point commun : "se cultiver, c'est ne plus subir passivement ce à quoi l'on peut participer activement !"

Pour le reste, Mer Nature a passé le relais des campagnes de protection et d'éducation comme le "Compostage en pied d'immeuble", les campagnes "Inf'Eau Mer", "Écogestes" et "Bio-antifouling", "l'Observatoire de l'évolution des populations d'insectes pollinisateurs" (en relation avec les programmes nationaux "Spipoll", "Vigie-Nature-École" et "Biodiversité des Jardins") dans les "Zones de régénération de la biodiversité urbaine" que nous avions mises en place, ou encore le "Recyclage des douilles de chasse".

Côté "Réserve citoyenne", Mer Nature poursuit la prévention éducative et la lutte anti-radicalisation et pour l'intégration : c'est un "travail de fourmi" qui ne se voit pas, tandis que le travail de police se voit, que ce soit avant ou après un attentat. D'ailleurs les attentats, c'est excellent pour resserrer les rangs de la nation. Oui, mais autour de quelles valeurs ? Celles de Jules Ferry, d'Émile Combes ou de Victor Schoelcher ? Ou celles d'Arthur de Gobineau, de Charles Maurras et de Richard Darré ? Au moins, nous avons produit quelques outils pratiques comme le "Cap sur la Citoyenneté"  (que nous pouvons vous envoyer en .pdf par internet sur simple demande) et comme les expos que vous pouvez télécharger sur notre site (rubrique "Docs à télécharger") et vécu quelques bonnes expériences, et ainsi, qui sait ? évité des drames, voire sauvé des vies (on ne peut pas comptabiliser ce qu'on a contribué à éviter !)

Le sommet de la courbe d'activités de Mer Nature été atteint en 2017. C'est l'année où elle a eu le plus d'activité, de salariés et de budget.

Ion raconte : j'ai le vertige en pensant que durant ma seule vie, une simple vie humaine, j'ai pu vivre, sans l'avoir cherché, le sommet de tant de courbes. Durant mon enfance, il y avait plus de dictatures que de démocraties sur Terre. Plus d'une était totalitaire, ce qui veut précisément dire que le pouvoir des "Big Brother" pouvait contrôler toutes les sphères de la vie, y compris privée et intime, y compris celle de la pensée et celle des sentiments (dont le plus omniprésent était la peur) : je suis né dans l'une d'elles. La pauvreté et les inégalités étaient terribles : même en Europe des millions de familles n'avaient pas l'eau courante. Il n'y avait même pas un boulon dans l'Espace interplanétaire. La phallocratie était normale, la plupart des femmes étaient juridiquement mineures, et les battre, ainsi que les enfants, était normal, y compris à l'école. Seuls quelques grands savants parlaient d'environnement et de ressources, seuls quelques éducateurs et psychologues parlaient des enfants comme de personnes humaines, et peu de gens les prenaient au sérieux. Mais on montait tous. On espérait tous un monde meilleur, sinon pour nous, du moins pour les enfants. L'école avait du prestige, les enseignants aussi. L'ingénieur, le scientifique, le médecin, le pompier, l'instituteur étaient respectés.

Et puis ce fut le sommet de la courbe. Dans les deux décennies 1990 et 2000, il y a eu plus de démocraties que de dictatures dans le monde (c'est la première, peut-être la seule fois dans l'histoire). S'il y avait toujours de la pauvreté et des inégalités, jamais autant d'humains n'ont accédé à l'eau courante, à la suffisance alimentaire, à l'électricité, au confort, à l'instruction publique : un sur cinq, ce qui représente plus d'un milliard et demi. Et dans ce groupe-là, les femmes, les enfants et les minorités de toute sorte ont eu plus de droits et de protections qu'ils n'en avaient jamais eu dans l'histoire, même si ça reste insuffisant. Des sondes spatiales sont en train de sortir du système solaire, et une nuée de satellites ont fait de la Terre un grand village, au point que leurs débris polluent l'Espace. Ce furent aussi les deux décennies du grand désarmement suite aux accords SALT. Jamais les tensions géopolitiques ne furent aussi basses que durant ces deux décennies-là, jamais autant de guerres civiles ne se sont arrêtées faute de financements et d'armements.

Et maintenant que je suis vieux, mais toujours en vie, on redescend. Les démocraties s'effritent, les dictatures repoussent comme des champignons, de plus en plus de citoyens les souhaitent, ignorant qu'elles ne vont pas sauver leurs acquis, mais les détruire. Ce n'est pas étonnant : la seule dictature génocidaire à avoir été soigneusement décortiquée et solennellement condamnée est le nazisme ; toutes les autres sont passées par profits et pertes sans que leurs idées mortifères soient dénoncées et sans que leurs victimes soient honorées par le devoir de mémoire. De ce fait, même les néonazis relèvent la tête : "si les autres ne sont pas condamnés, y'a pas de raison pour qu'on le soit". Les guerres civiles repartent, les blocs se reforment, et ils se réarment (ce ne sont pas les mêmes idéologies, ni les mêmes guérillas, ni les mêmes blocs, mais ce sont les mêmes dangers). En Italie, en Pologne, en Hongrie, en Russie, en Turquie, en Chine, aux États-Unis, au Venezuela, au Brésil, en Égypte, des présidents parfois démocratiquement élus sèment la division et la haine, deviennent des dictateurs et leurs peuples les applaudissent. Ils les applaudissent parce que l'ignorance aussi revient, de même que les superstitions et des manières de penser et de vivre médiévales, en dépit de tous les progrès éducatifs.

Les humains qui aiment manipuler et dominer leurs semblables profitent des moyens de communication modernes pour trouver des ouailles à protéger et entraîner. Bê-ê-êê ! La pauvreté revient, les inégalités s'accroissent à nouveau, la saleté revient, l'hygiène recule, la gale et la rougeole repartent. La médecine progresse encore, mais est de plus en plus chère, de moins en moins accessible. Les charlatans prolifèrent et des escrocs par milliers en profitent pour arnaquer les gogos par millions grâce aux réseaux sociaux.

Quand je suis né, on pouvait vivre en autarcie quand on était pauvre. Aujourd'hui, on n'a plus ce recours : eaux et sols sont empoisonnés, il n'y a plus de pollinisateurs ni de régulateurs ni de coprophages, et les semences sont en grande partie stériles (les fertiles sont gardées dans des coffres-forts par les grands semenciers). En mer, le poisson se fait rare. Tout ça dans une seule vie : juste la mienne !

J'ai vu les cimes, les luttes, les espérances, les libertés, l'égalité, la fraternité, la prospérité, j'y ai participé, j'y ai chopé le diabète tellement c'était bon, j'ai vu les petits enfants des pays ou des quartiers pauvres aller à l'école, parfois fort loin, habillés de leur mieux, pleins de courage et d'optimisme, et maintenant je vois le gouffre, je vois la redescente, je vois la rancœur, la coupure d'avec la société, l'oubli de tout ce qu'elle nous apporte, la haine pour ses valeurs (alors que ce sont les abuseurs qu'il faudrait mettre en cause, au lieu de les admirer), la radicalisation, le tsunami. Dans le cours d'une seule vie ! C'est fou ce que ça va vite. Ce n'est plus de l'histoire, c'est un carrousel : j'en ai le vertige.

Quand j'étais petit de l'autre côté du Rideau de Fer, ce n'était pas si facile. L'optimiste : "Au train où ça va, nous n'aurons bientôt plus que de la bouse de vache à manger". Le pessimiste : "Et tu verras qu'il n'y en aura pas pour tout le monde". On a quand même fait du chemin depuis, on n'est pas encore redescendus aussi bas qu'on l'était il y a six décennies, au début de ma vie.

Mais on descend, comme le Titanic, même si l'orchestre continue à jouer des valses sur le pont... Le pessimiste d'aujourd'hui, pensant aux lendemains qui déchantent : "Au train où ça va, il faut arrêter de faire des enfants, pour leur éviter l'enfer !" L'optimiste, pensant aux moyens de survie : "Au contraire, il faut en faire le plus possible, sinon il n'y en aura pas pour tout le monde !"

Pour ma part, je ne suis ni pessimiste, ni optimiste. Rien n'est gagné, mais rien n'est perdu. Tout reste possible. D'ailleurs, savez-vous ce qu'est vraiment un pessimiste ? C'est un optimiste réaliste !

Pierre Dac disait "Rien n'est encore perdu, tant qu'il reste quelque chose à trouver !".

C'est à cela que servent la science et la technique.

Que fait l'être humain lorsque l'avenir se fait menaçant ?

Le citoyen de base peut parfois râler :La réponse peut parfois être :

Les gens qui "dialoguent" ainsi à coups d'insultes, de bagarres et de gaz incapacitants, veulent, au fond, la même chose : poursuivre, en plus bio, sur la lancée des trente glorieuses comme si c'était possible, au risque de rendre la transition d'autant plus brutale, plus conflictuelle, voire sanglante. En bonne logique, ils attendent des spécialistes qu'ils les y aident. Sauf que les spécialistes les déçoivent, car eux savent et disent que c'est impossible de continuer comme avant. Une réponse que la plupart des gens ne veulent pas entendre.

Certains pensent que nous sommes inutiles parce que "nous ne générons pas assez de profits immédiats" ou même que nous sommes nuisibles parce que "nous rendons le système supportable". Beaucoup s'accordent pour penser qu'il faut nous couper les aides et les ailes. Voulant ignorer les changements climatiques et autres, les premiers s'imaginent que l'environnement est un terrain de golf et que le littoral n'est qu'un atout touristique genre "sun, sex & sea". Voulant ignorer l'histoire, les seconds s'imaginent que c'est en faisant table rase et dans le sang que l'on change le monde. Les uns comme les autres attendent des sciences qu'elles arrêtent le changement climatique et l'épuisement des ressources, et certains d'entre eux pensent qu'une subvention n'est pas un investissement créateur d'activité, de cohésion sociale et d'anticipation de la transition, mais une aumône ou pire : du pur et simple gaspillage. Beaucoup voudraient bien supprimer les impôts, les taxes et les services publics. Sauf quand ils en ont besoin.

Ces personnes refusent de voir que monde du futur devra vivre avec moins d'énergies "faciles, fossiles et fissiles" et que fermer les yeux ne fait qu'aggraver la situation. Elles refusent d'entendre les arguments scientifiques et techniques, à moins qu'ils leur soient présentés par des intervenants venus en jet privé, sponsorisés par Rolex au cours d'un colloque aux Émirats. Et elles refusent de dire à leurs concitoyens qu'il faut se préparer à la transition des "trois É" : Énergétique, Écologique et Économique, et adopter des modèles, des pratiques et des techniques innovantes et modestes, plus soutenables, plus durables. Bref, elles veulent garder ce qui est essentiel pour elles : la consommation et l'accumulation, les loisirs pas trop éducatifs, le profit matériel et, pour les puissants, le luxe et le prestige immédiat, celui qui caresse l'égo dans le sens du poil.

Parce que les enfants déjà nés et à venir ne votent pas, les "adultes responsables" (ou proclamés tels) d'aujourd'hui privilégient le présent et sacrifient la mémoire (le patrimoine), l'adapatation et l'avenir (l'environnement et les ressources, c'est à dire la préparation et l'adaptation à la transition, l'anticipation, la créativité, l'innovation...) en oubliant que ce sont les enfants nés et à venir qui décideront du sort des vieillards de demain.

Éthique et Pratiques

Là aussi, faites-en bon usage pour vos propres argumentaires. Bon courage !

L’éthique de Mer Nature est celle de toutes les sociétés savantes (même si tous les membres ne le sont pas - et de toute manière, un "savant" n'est qu'une personne qui a quelques lacunes dans son ignorance).

Elle est inspirée par :

  • la législation, la réglementation ;
  • la démarche d'investigation scientifique (et participative avec les publics)
  • l’action naturaliste de terrain telle qu’elle est définie par le Muséum National d’Histoire Naturelle ;
  • la pédagogie agréée par l’Éducation Nationale et par la Cohésion sociale.

Il est plus facile de faire une bouillabaisse à partir d’un aquarium vivant, que de refaire un aquarium vivant à partir d’une bouillabaisse. Les ressources perdues ne se retrouvent pas.

Connaître le passé permet de comprendre le présent et de prévoir l’avenir. Connaître ses racines c’est savoir d’où l’on vient, où l’on est et choisir où l’on veut aller. Sans racines on ne peut s’enraciner nulle part.

A l'origine tout était précaire : la santé, l’amour, la vie même.

A l'origine tout était parcellisé : les humains, les connaissances, les moyens d’agir.

Aujourd’hui tout est relié : l’économie, la science, l’art, la culture, mais aussi le climat, l’environnement, les défis. Pourquoi ne pas relier aussi les visions et les réponses ?

Généraliste (il en faut en sciences comme en médecine), Mer Nature rassembla les bases éparses pour permettre à chacune et chacun d’assumer ses responsabilités de citoyen(ne) sur son territoire en toute Connaissance de cause, par l’éducation à l’environnement et au patrimoine, l’éducation citoyenne et l’éducation au développement innovant.

---> Objectifs à construire ensemble

"La crise, c'est la découverte d'une impasse" (François Terrasson). Pas de sortie de crise sans changement de pratiques, et pas de changement de pratiques sans prise de conscience…

Notre série d'actions "Cap sur la citoyenneté" dévoila les bases de la citoyenneté, les territoires, les collectivités, les droits, les devoirs et les libertés en relation avec les transformations sociales, économiques, énergétiques et environnementales.

Ainsi nous pûmes donner à chacun les moyens de comprendre ce qui nous entoure, de se forger une opinion et de s'y impliquer selon ses possibilités et centres d'intérêt, pour y apporter sa pierre et agir sur son propre devenir.

Ces actions se déclinaient aussi en sorties sur le terrain et interventions en classe ou centre, selon un projet préalablement élaboré avec vous et quelques moyens financiers.

Dans l'éco-citoyenneté, il y a "éco", du grec oikos, la maison, notre maison commune, notre territoire, notre planète... et il y a "citoyenneté" (et non pas "soumission", "servage" ou "esclavage") et c'est en profitant du privilège, difficilement obtenu, d'être citoyens, que nous surmonterons les défis de la transition.

---> Notre culture d’entreprise :

Du point de vue légal Mer Nature est une association selon la loi de 1901 sans but lucratif, avec des statuts, une AG, un CA, un bureau et des salariés, qui respecte tous les codes concernant son activité et ses finances. Du point de vue éthique, elle accorde l’aspect légal et l’aspect pratique. Mer Nature a parfois créé jusqu'à 5 emplois mais tournait la plupart du temps sur 3 salariés . Depuis 2019 elle est redevenue ce qu'elle fut durant ses 8 premières années : une association de bénévoles.

Pratiquement, elle fut et reste une coopérative où chaque voix compte à égalité, celles des employés inclus. L’AG, le CA et le Bureau sont là pour soutenir ceux qui travaillent, dans le cadre statutaire et légal, selon leurs propres passions, rêves et capacités, en concrétisant en pleine autonomie leurs propres projets. Pour cela, ils ont du, et ponctuellement doivent encore, chercher et trouver eux-mêmes les activités rémunératrices à même de financer leurs emplois (appels à projets, appels d’offre, aides financières sur projet). Nous leur avons appris à le faire. Leurs centres d’interêt et leurs compétences ont ainsi pu s’épanouir pour la plus grande satisfaction possible de nos bénéficiaires, ce qui a progressivement étayé notre réputation, en regard de laquelle, avec le temps, même les médisances jalouses sont devienues ridicules. Les salariés se coordonnaient, mais chacun organisait son propre emploi du temps et remplissait son propre carnet d’adresses et « de commandes ». Durant les vingt ans écoulés, cette culture d’entreprise fonctionna sans accroc interne : ni conflits, ni égos n’ont secoué l’association, et les deux départs ont eu des causes extérieures à l'association (formations insuffisantes ou devenues impossibles, difficulté à trouver les financements, fonds devenus inaccessibles...).

Pour que cela fonctionne, nos salariés ont appris à être autonomes, réactifs, curieux, capables d'initiatives, à se documenter eux-mêmes dans le désir d'en apprendre davantage et de transmettre leurs découvertes aux publics, après s'être approprié cette culture d'entreprise et l'éthique de l'association. Ils ont ainsi adopté les spécificités et l'originalité de Mer Nature, ont eu envie qu'elle réussisse pour réussir eux-mêmes, et chacun a pris sa pleine part des "corvées" communes, c'est à dire de la recherche de partenaires, de la logistique des activités et de la gestion y compris administrative de chaque emploi. Ce fut un gros effort, mais formateur. Les salariés qui s'en acquittèrent ont su que même dans une coopérative comme Mer Nature, rien ne tombe jamais tout cuit dans le bec. Et ils sont devenus de plus en plus autonomes dans leurs parcours ultérieurs.

Si l'on est presévérent, réaliste et altruiste, on peut être heureux au travail, car en matière d’emploi comme en matière de chaussures ou de vêtements, le sur-mesure sied toujours mieux que le prêt-à-porter.

---> Bailleurs de fonds :

Mer Nature a été financièrement soutenue par les collectivités territoriales (Région Sud, Département du Var, communautés d'agglomération T.P.M. ou S.S.B., Villes de Toulon, de La Garde et autres, dans la mesure de leurs moyens). Par le biais de leurs subventions directes, ces collectivités ont fait de Mer Nature le maître d'oeuvre de programmes pédagogiques agréés par eux-mêmes et par l'Éducation nationale ; par le biais des appels d'offre que nous avons remportés (en groupement avec d'autres partenaires) ces collectivités ont fait de Mer Nature un prestataire de leurs institutions, telles la Maison du Terroir et du Patrimoine de S.S.B., le programme "La Rade m'a dit" de T.P.M., le Muséum d'histoire naturelle de Toulon et du Var ou encore le "Parcours culturel" de la Ville de Toulon.

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---> Gestion du risque :

De nos jours, la personne humaine, fort heureusement, est très protégée contre les risques. Mer Nature est assurée à la MAIF. Toutefois, actuellement la tendance générale est à considérer l’usager et notamment le jeune et l’enfant, comme "insortables" pour cause de risques, et à demander de lourdes sanctions financières en cas de bobo. De ce fait, de plus en plus nombreux sont les établissements qui renoncent aux activités sur le terrain.

Le seul domaine où l’usager et le jeune demeurent exposés à de grands risques sans que l'on s’en émeuve, c’est la route : nous trouvons normal de les lancer à plus de 100km/heure dans des boîtes en métal lestées de plusieurs douzaines de litres de carburant

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Cette photo d'une sortie "rivière" a trente ans : ces enfants sont aujourd'hui adultes et parents. Même sans risque épidémiologique, une telle activité dans l'eau serait aujourd'hui impossible, y compris avec un encadrement adequat, car le lieu n'est pas "aménagé", mais naturel, donc considéré comme nécessairement dangereux. Mer Nature a toujours informé ses partenaires ou bénéficiaires des caractéristiques géologiques, géographiques, biologiques des lieux explorés, laissant au bénéficiaire ou au partenaire la liberté d’évaluer les risques en fonction de sa propre politique, et d’organiser les activités en conséquence.

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---> Dire la vérité  :

     " Il était une fois une famille dont le chien était mort en l’absence des enfants qui l’adoraient. Pensant bien faire pour leur éviter de la peine, les parents racontèrent aux enfants revenus de colo que le chien s’était sauvé. Les enfants insistèrent pour qu’on le recherche, mais les parents leur répondirent que ce n’était pas la peine, que le chien avait certainement trouvé une famille d’accueil. Les enfants se renfrognèrent et pensèrent que leurs parents étaient des monstres d’indifférence."

Mer Nature respecte la sensibilité, les rêves, les croyances de chacun, mais a toujours eu pour politique de dire la vérité sur notre environnement et la vie sur Terre, qui n’est ni exclusivement un enfer peuplé de monstres, de sorcières et de ronces, ni exclusivement un paradis de roses sans épines…

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